(Montel) RTE a demandé l'autorisation de poursuivre cet été l'exploitation des trois centrales nucléaires les plus régulièrement touchées par les restrictions de production liées à la chaleur et au débit, même si la température des rivières dépasse les limites légales.
La dérogation "exceptionnelle" s'appliquerait aux centrales de Golfech (2,6 GW), du Blayais (3,6 GW) et de St Alban (2,6 GW) d'EDF, a-t-elle précisé. Elle s'appliquerait jusqu'au 8 août.
« À la demande de RTE, plusieurs unités de production pourraient être maintenues en production, moyennant l’utilisation d’un dispositif de demande de modification temporaire à leurs autorisation de prise d’eau et de rejet », a dit la porte-parole dans un courriel.
Ces dernières sont déjà affectées par d'éventuelles réductions de puissance dans les prochains jours en raison de la canicule qui frappe la France, avec des températures qui pourraient battre les records historiques atteints en 2003, selon Météo France.
Après la canicule de 2003, l’ASN a fixé des limites de température – à 28°C pour la plupart des cours d’eau – et de débit, au-delà desquelles les centrales doivent réduire leur production.
Ces derniers étés, les centrales de Chooz, suivie de St Alban, Cattenom et Golfech ont été les plus exposées au risque d'indisponibilités liées à la chaleur ou au débit. Ceux-ci surviennent généralement dès la fin du printemps et jusqu'à l'automne mais ils ont commencé de manière plus précoce cette année.
La majorité des 56 réacteurs du parc nucléaire utilise de l'eau de rivière ou de mer à des fins de refroidissement.
Les vagues de chaleur et la sécheresse en France ont causé une perte de 3 TWh de la production nucléaire en 2020, selon Callendar, une société d'analyses des risques climatiques.
Néanmoins, la perte de production nucléaire devrait être moindre cet année, de nombreux réacteurs ayant été mis à l'arrêt afin de contrôler le phénomène de corrosion ainsi que pour les travaux de maintenance, selon Thibault Laconde, consultant climat énergie chez Callendar.