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Un accord Belgique-Engie sur le nucléaire sera dur à trouver

Electricité

24 Mar 2022 12:05

Oslo

24 Mar 2022 12:05

(Montel) La Belgique et l'exploitant nucléaire Engie Electrabel vont devoir mener des discussions difficiles pour prolonger la durée de vie des réacteurs Doel 4 (1 GW) et Tihange 3 (1 GW) alors qu’il était initialement prévu de les fermer, ont déclaré des experts à Montel.

La ministre belge de l'Énergie, Tinne van der Straeten, a annoncé vendredi que le gouvernement avait accepté de faire fonctionner ces réacteurs dix ans de plus, jusqu'en 2036. Il s’agit d’assurer l’approvisionnement énergétique du pays potentiellement menacé par la guerre en Ukraine, la Russie étant le principal fournisseur de gaz, de pétrole brut et de charbon de l'Union européenne.

Le gouvernement subit une pression politique croissante en faveur d’une extension de la durée de vie du nucléaire, dont il prévoyait jusqu’ici de sortir totalement d’ici novembre 2025.

Le problème est qu'Engie avait demandé pour la fin 2020 des éclaircissements sur une éventuelle prolongation, afin d’avoir suffisamment de temps pour se préparer, a expliqué Bram Claeys, conseiller sénior pour l’organisation Regulatory Assistance Project (RAP) en Belgique.

« Il serait naïf de penser qu'Engie ne voudra rien en retour, et ils se trouveraient dans une position de négociation très forte », a-t-il dit.

On ignore quand les pourparlers auront lieu et combien de temps ils pourraient durer.

Si Engie accepte de prolonger les unités, il faudra réaliser des travaux de mise à niveau de la sûreté estimés à EUR 1-1,3 milliard, et il faudra aussi financer le fonds d'élimination des déchets nucléaires, a ajouté l’expert.

Étant donné la volonté politique « de condenser les délais de procédure », Engie pourrait demander un soutien financier ou d'autres compensations.

« Nous ne savons pas ce qu'Engie demandera afin de se débrouiller maintenant pour garder deux réacteurs en fonctionnement. Il est tout à fait possible que même après la conclusion d'un accord, l'étendue réelle de l'indemnisation ne soit pas rendue publique », a ajouté Bram Claeys.

Une porte-parole d'Engie a seulement répondu que ces questions feraient « partie des discussions à venir avec le gouvernement fédéral belge ».

Position de faiblesse
Le gouvernement se trouve dans une position de faiblesse dans ces négociations et a reconnu qu’il y avait de nombreux obstacles juridiques aux extensions nucléaires, a commenté David Haverbeke, associé basé à Bruxelles du cabinet d'avocats Fieldfisher, spécialisé dans l'énergie.

« Je ne suis ni pro, ni anti-nucléaire, mais cela va coûter cher, puisque le nucléaire n'est pas moins cher que le gaz. Ce sont des centrales vieillissantes », a-t-il remarqué.

Les autorités de l'État régional allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, frontalier de la Belgique, ont demandé une analyse approfondie de la sûreté des deux réacteurs.

Le land a également réclamé de la « transparence » et « une vaste étude transfrontalière sur les impacts environnementaux ». L'Allemagne a décidé de sortir progressivement du nucléaire après la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

Tinne Van der Straeten, une ancienne militante anti-nucléaire qui représente le parti vert, a affirmé que les opérateurs resteraient responsables de l'exploitation, de la gestion des déchets et du démantèlement des réacteurs. Elle a également déclaré que l'énergie nucléaire devrait être flexible et ne pas exclure l'électricité renouvelable du marché.

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