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L’envolée des prix rebat les cartes du nucléaire en France

ElectricitéPolitique

30 Sept 2021 08:35

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Paris

30 Sept 2021 08:35

(Montel) La flambée des prix de l’électricité change la donne pour l’avenir du nucléaire en France, rendant désormais profitable le coût de production estimé des nouveaux EPR que le pays pourrait prochainement décider de construire, selon des analystes. 

La hausse des prix, qui renfloue les caisses de l’électricien public EDF, pourrait également conduire le gouvernement à reporter les prochaines fermetures de réacteurs prévues entre 2025 et 2028, expliquent-ils.
 
Emmanuel Macron utilisera les prix comme argument supplémentaire pour convaincre de la nécessité de construire de nouveaux réacteurs à l’heure où la France entre en campagne présidentielle, soulignent-ils.
 
« Tout ce qui pourra alimenter cette décision sera bon à prendre, que ce soit la volonté de ré-industrialisation, le bas carbone ou les prix élevés,» , explique Nicolas Goldberg de Colombus Consulting.
 
Et même si les prix de l’électricité évolueront dans les prochaines décennies, « l’argument marchera bien », assure M. Goldberg. 
 
Mercredi, le prix de l’électricité pour livraison en 2022 sur la bourse de l’énergie EEX a clôturé à un nouveau sommet de EUR 122,90/MWh. À titre de comparaison, le coût du nucléaire historique a été évalué par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) à EUR 48/MWh tandis que le coût du nouveau nucléaire est estimé par EDF à environ EUR 70/MWh.
 
Ces dernières années, les coûts croissants de maintenance des centrales nucléaires combinés à la baisse de prix des énergies renouvelables a rendu l'énergie atomique moins attrayante. Le nouveau réacteur d’EDF, en construction à Flamanville, devrait démarrer avec plus de onze ans de retard et des surcoûts pharamineux. L’EPR en construction en Finlande connaît des problèmes similaires.

La France s’est officiellement donnée jusqu’en 2023 pour décider de construire ou non de nouveaux réacteurs, date à laquelle le premier EPR français devrait démarrer.
 
Jacques Percebois, directeur du Centre de recherche en économie et droit de l'énergie (CREDEN), juge également que « les prix élevés de l’électricité devraient logiquement accélérer la relance du nucléaire en France ». Il se dit néanmoins « surpris » que le gouvernement n’ait pas encore laissé entendre que cette décision était « incontournable ».
 
Un porte-parole du ministère de la Transition écologique a toutefois déclaré que la question du nouveau nucléaire « ne sera pas tranchée en fonction du prix de l’électricité ». 
 
M. Goldberg estime que le gouvernement dévoilera sa position sur de nouvelles constructions après la publication, le 25 octobre, d’un rapport de RTE, dans lequel trois des six scénarios envisagent une capacité de nouveaux réacteurs allant de 13 GW, soit huit EPR, jusqu’à 28 GW, soit quatorze EPR et quelques petits réacteurs modulaires (SMR). 
 
Pour Jan-Horst Keppler, professeur d’économie à l’université de Dauphine, la récente hausse des prix du gaz et du CO2, qui tirent les prix de l’électricité, démontre le bien-fondé de l’énergie nucléaire, une énergie « domestique », et la nécessité d’abaisser la dépendance du bloc européen aux énergies fossiles importées.
 
Prolongement des vieilles centrales?
En outre, ces prix élevés pourraient pousser le gouvernement à réviser la Programmation pluriannuel de l’énergie (PPE), la feuille de route énergétique du pays, dont la publication est prévue en 2023, afin de reporter la fermeture prévue de réacteurs nucléaires.
 
Selon la PPE, deux à quatre réacteurs nucléaires doivent s’arrêter d’ici à 2028, puis huit à dix autres les sept années suivantes, afin d’abaisser la part du nucléaire dans le mix électrique du pays à 50% d’ici 2035, contre environ 70% actuellement.
 
Mais la PPE alerte sur la nécessité « d’anticiper l’arrêt de certains réacteurs du parc existant pour éviter un effet « falaise » [les 56 réacteurs opérationnels ont été construits sur 15 ans], qui ne serait pas soutenable, ni en termes d’impacts sociaux, ni pour le système électrique ».
 
M. Goldberg estime néanmoins que M. Macron, s’il est réélu, sera tenté de ne pas prendre de décision de fermetures de réacteurs lors de la prochaine mandature, qui s’étendra jusqu’en 2027.
 
M. Keppler juge de son côté que l’énergie issue de « la prolongation de vie des réacteurs nucléaires existants est de loin la moins chère ». « Si une centrale nucléaire marche bien, économiquement parlant, c’est très profitable de la continuer, à condition que l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire] donne son aval », note-t-il.
 
« Si l’objectif politique est de baisser à 50% [la part du nucléaire], le politique est souverain. Mais la loi telle qu’elle est formulée risque de coûter très cher à la France », conclut-il.
 
L'entreprise publique EDF exploite l'ensemble des 56 réacteurs français, soit le plus grand parc d’Europe. En 2020, l’électricien a mis à l’arrêt ses deux plus anciens réacteurs à Fessenheim (1,8 GW), dans l'est de la France, dans le cadre du plan gouvernemental visant à réduire la part du nucléaire dans le mix électrique d'ici 2035.

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