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Hausse « inquiétante » des incidents de sûreté nucléaire

Electricité

23 Dec 2020 09:02

Photo : Shutterstock.com

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London

23 Dec 2020 09:02

(Montel) Le nombre d’incidents de sûreté significatifs affectant les réacteurs du parc nucléaire ont connu une hausse « inquiétante » depuis 2017, en raison de leur vieillissement et de mauvaise maintenance, selon un rapport.

Ces incidents affectent de plus en plus fréquemment plusieurs unités à la fois, relève l’étude de l’association de scientifiques critiques du nucléaire Global Chance, qui a passé en revue les incidents publiés par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) entre 2010 et 2020.

Ceux-ci sont nombreux à concerner les diesels de secours des réacteurs. Chaque réacteur est équipé de deux groupes électrogènes de secours, des pièces essentielles qui permettent d’alimenter les systèmes de sûreté de l'unité en cas de perte de l’alimentation électrique due à un accident, comme un séisme par exemple.

« Le résultat le plus frappant est le fait que sur les 17 incidents répertoriés par l’ASN [sur la décade], dix concernent les diesels de secours » qui ont eu un impact sur 67 réacteurs au total durant ces années, indiquent les auteurs du rapport, le physicien nucléaire et président de Global Chance, Bernard Laponche ainsi que l’ancien chargé de campagne nucléaire de Greenpeace France, Jean-Luc Thierry.

En 2010, deux incidents classifiés de niveau 2 ou « significatifs » sur l’échelle internationale INES de classement des événements nucléaires qui en compte 7, ont été répertoriés par l’ASN, passant à quatre en 2017 et à six en 2019.
 
Et, si les deux incidents de 2010 concernaient deux réacteurs distincts, les quatre incidents de 2017 ont affecté 48 tranches, et ceux de 2019 33 unités, sur un parc comprenant 58 réacteurs.
 
Entre 2010 et fin septembre 2020, l’ASN a publié 17 incidents de niveau 2, ayant eu un impact sur 98 réacteurs au total, plusieurs d'entre eux étant concernés plus d'une fois.
 
« On voit par exemple qu’un certain nombre d’incidents déclarés à une certaine date pour un certain nombre de réacteurs se reproduisent à l’identique à une date ultérieure pour de nouveaux réacteurs », a souligné M. Laponche.
 
Ainsi, un incident survenu en juin 2017 et portant sur la défaillance d’ancrage d’équipements mettant en péril le fonctionnement des diesels de secours en cas de tremblement de terre a, par exemple, eu des extensions en octobre de la même année, puis en 2018 et en 2019, affectant au total 43 réacteurs.
 
Sur dix ans, c'est le réacteur Paluel 1 (1,3 GW) qui a été le plus touché, avec quatre incidents, suivi de dix unités comptabilisant trois incidents – Belleville 1 (1,3 GW), Bugey 4 (880 MW), Golfech 2 (1,3 GW), Nogent 1 (1,3 GW), Paluel 2, 3, 4 (1,3 GW chacun) Penly 2 (1,3 GW) et St Laurent 1, 2 (915 MW chacun), 24 en comptant deux, seize ayant connu un seul incident et sept, zéro.
 
Vieillissement

Dans plusieurs cas, la correction d’une défaillance de niveau 2 s'est faite attendre et il a fallu « tout le poids de l’ASN, parfois par une décision drastique, pour obtenir satisfaction », selon le rapport qui note que des réacteurs ont même continué à fonctionner sans que les défaillances ait été corrigées.
 
« Cette situation traduit le problème du vieillissement du parc nucléaire, qui devait à la base être remplacé par des EPR avant même que les réacteurs n’atteignent 40 ans », a affirmé M. Laponche, qui pointe notamment du doigt les problèmes d’équipements défaillants du parc et de maintenances non effectuées.
 
La France a prévu de fermer douze réacteurs d’ici 2035 pour ramener la part du nucléaire dans la production électrique à 50% à cette échéance, contre environ 70% aujourd’hui.
 
« Le parc nucléaire est en mauvais état. EDF doit fermer les douze réacteurs qui doivent l’être et ne pas entamer des réparations pour les prolonger. Se concentrer sur les autres maintenances est déjà bien suffisant », a estimé le physicien.
 
À ses yeux, il est également primordial que le gendarme du nucléaire obtienne plus de moyens financiers afin de pouvoir être plus efficace dans ses activités de surveillance. « C’est très difficile, dans l’idéal, il faudrait que l'ASN puisse être en permanence sur les sites pour contrôler. »
 
Récemment, des responsables syndicaux ont fait part à Montel de leur préoccupation face au manque de présence sur le terrain de l'ASN. 

L’ASN a attiré l’attention d’EDF sur l'augmentation des incidents affectant les unités en 2017 et 2019 notamment, relevant entre autres des écarts affectant les matériels, des défauts de qualité de maintenance en nombre trop élevé ou un besoin de renforcement des activités de surveillance. 

Contactée par Montel, l'ASN s'est refusée à commenter le rapport de Global Chance, renvoyant à ses bilans annuels. EDF n'était pour sa part pas disponible.

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