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Contrôles à distance font craindre pour la sûreté nucléaire

Electricité

24 Nov 2020 12:36

London

24 Nov 2020 12:36

(Montel) Le manque d'inspections sur les sites nucléaires par des experts de la sûreté, en raison de la pandémie de coronavirus, fait craindre pour la sûreté des installations, ont déclaré à Montel des responsables syndicaux du secteur de l'énergie.  

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annulé toutes ses inspections physiques des centrales nucléaires, sauf les inspections considérées comme essentielles, lors du premier confinement au printemps. Depuis lors, certaines inspections ont repris sur le terrain mais beaucoup s'effectuent toujours à distance.

Cette diminution des contrôles sur site aggrave une situation où les effectifs sont déjà limités et les échanges avec les travailleurs font défaut, affirment certains responsables syndicaux.

« L’ASN est beaucoup trop discrète, beaucoup trop absente [sur le terrain]. Les inspecteurs passent très peu de temps avec les travailleurs. Quand ils le font, c’est toujours avec un supérieur hiérarchique, ce qui nous empêche de nous exprimer librement », a déclaré à Montel un syndicaliste de la CGT s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

« Les retours des salariés sur l’application 'réelle' des prescriptions pour améliorer la sûreté ne sont pas assez pris en compte » par le gendarme du nucléaire, abonde en ce sens Virginie Neumayer, représentante de la CGT à la centrale de Tricastin.

L’ASN ne serait en outre « pas assez pro-active » dans ses démarches de contrôle, ne vérifiant « que ce que EDF lui présente », selon la syndicaliste, pour qui l'organisation est confrontée à des problèmes « de renouvellement des compétences et d’expérience » de ses inspecteurs, mais aussi à un manque d’effectifs.

Inspections annulées
À l'heure actuelle, l’ASN ne maintient que les inspections sur site « qui ne peuvent être réalisées à distance », a-t-elle dit.

Ainsi, sur 53 inspections réalisées durant les deux premières semaines de novembre, « 36% ont été réalisées intégralement sur site, 14% intégralement à distance et 50% en associant ces deux modes », a-t-elle précisé, ajoutant qu'elle avait annulé 659 inspections sur les 1 900 prévues cette année, aussi bien sur les sites nucléaires que dans le secteur médical.

Ces annulations sont, pour certaines d’entre elles, dues au report à 2021 d’arrêts de réacteurs ou d’activités industrielles liés à la crise sanitaire, selon l’ASN et les syndicats.

Contactée par Montel, l'ASN a refusé de communiquer le nombre d'inspections annulées sur les sites nucléaires ou de donner plus de détails.

De la fin mars jusqu’à la mi-avril, elle avait dû suspendre les inspections, faute de matériel de protection sanitaire suffisant. 

« Manque de rigueur »​
Aux yeux des plusieurs syndicalistes interrogés, si une partie de ces contrôles peut parfaitement s'effectuer à distance – lorsqu’il s’agit de vérification de documents de conduite, d’essais ou de justificatifs – nombre d’entre eux doivent toutefois impérativement se faire de visu, sous peine de menacer la sûreté des installations, au vu des risques « d’un manque de rigueur ».

Pour Gilles Reynaud, représentant syndical de Sud-Énergie et président de l’association des sous-traitants du secteur nucléaire « Ma zone contrôlée », le retour de tous les inspecteurs sur les sites est « impératif ». 

« Les éléments concrets indispensables aux contrôles ne se trouvent qu’en se confrontant à la réalité du terrain », estime-t-il.

 

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